Chants de femmes troubadours, poésies du moyen- âge,
poésies courtoises.
Le récital est essentiellement constitué de compositions sur
des poésies de femmes troubadours en langue originale.
Nous avons choisi avec Olivier et Mathias de ne pas chercher dans cette création
à s’inspirer de la musique médiévale, mais plutôt
de nous laisser inspirer par l’émotion du texte.
Comment ces textes nous mettent en émoi ? En mouvement intérieur
?
Qu’est ce qui dans ces textes nous touche dans notre nature profonde
?
La nature profonde du sentiment amoureux n’a pas beaucoup changé
malgré les siècles, les mœurs, les cultures. Les amours
bouleversantes de quelques couples mythiques nous le montrent bien. Je vais
appeler ici musicalité naturelle cette sensibilité qui joue
un rôle si important : musicalité du sentiment, poésie,
émoi ! .
Tous ces textes poétiques de femmes ont été inspirés
par le sentiment amoureux, par les sons et les silences de la nature de l’âme.
En nous reliant à la nature profonde de ce sentiment qui est si intimement
véhiculé dans ces textes de femmes, nous nous sommes intuitivement
reliés à la nature elle-même, à la musique de la
vie. Le vent dans les feuilles, le chant du rossignol, les cloches des églises,
le craquement de l’herbe, les grillons, la pluie sur la terre sèche,
le grondement des cascades… Ces même sons, cette même musique
qui inspirent consciemment ou inconsciemment toutes les musiques, toutes les
poésies…
Certainement, la musicalité de la nature et la musicalité du
sentiment amoureux doivent puiser leurs chants à la même source,
dans les même profondeurs de l’être.
Je suis poète, parce que je suis nu, sans masque, parce que je peux
me montrer fragile et vulnérable devant la puissance d’aimer
La question c’est : comment arrêter de rêver sa vie pour
aimer ce qui est ?
La poésie des troubadours est toujours construite sur le thème
de la femme inaccessible, ce à quoi la femme répond : je ne
suis pas un mythe, je suis une femme avec mes qualités et mes défauts
et non un objet désirable inaccessible. ! Dans leurs poésies,
elles se montrent démunies et ouvrent simplement leur cœur invitant
par leurs écrits les hommes à les voir telle qu’elles
sont.
Le jeu est là, les réponses sont frappantes, franches, simples
et sincères.
Les poésies de ces femmes troubadours sont formulées d’avantage
comme des lettres intimes que comme des effets de style.
Ca se passe au XII en siècle, est ce que les choses ont beaucoup changé
?
Le troubadour est animé par l’esprit de conquête. Bien
sur, on ne peut conquérir que ce que l’on ne possède pas
! Alors la question pourrait être : Comment voir l’aimé(e)autrement
que comme objet de conquête ? Ou comment aimer sans posséder
? Faut’il choisir l’inaccessible ?
Pour cette période, l’image de la femme en restera là,
mythique, mystique, ces chants l’auront sublimée. A partir de1277
l’église interdira le chant courtois, les poésies d’émois
seront associées à un courant contre religieux et la poésie
amoureuse ne pourra désormais s’exprimer qu’en passant
par la religion, elle devra être spiritualisée et s’adresser
à la vierge Marie, (puisque la femme, l’amante est associée
au diable.)
Aujourd’hui nous nous posons la question, est ce que la poésie
et le désir amoureux peuvent rester vif, vivant, et s’intégrer
dans la réalité d’une femme accessible, proche, humaine
et imparfaite ?
Si mon rêve n’est pas la réalité,
comment ma réalité peut devenir mon rêve ?
Dans la poésie des troubadours comme souvent dans la poésie
amoureuse, le rêve et l’inaccessible inspirent. Souvent, la nostalgie
d’un amour impossible, disparu, fait naître des textes bouleversants
Ce travail nous questionne, au-delà d’une simple création
musicale, il nous interpelle profondément sur le sens d’aimer.
Il est une nourriture, un chantier de sons, de mots, de questions et d’échanges
qui ouvrent les cœurs. L’implication va bien au-delà de
la musique, elle nous provoque et nous tutoie avec défi, il nous dit,
« et vous, dans votre vie amoureuse, mythe ou réalité
??
Ca se passe en Provence, quelque part ou personne ne va jamais nu a part les oiseaux, les poètes et les anges.
Merci pour votre lecture et l’intérêt que
vous portez aux grandes lignes de ce travail.
A bientôt pour vous informer de l’avancement de la création
et de nos progrès dans l’art d’aimer ce qui est !
Bien amicalement
Hombeline